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Violence contre les femmes · Commentaire

RESPECT women : prévenir les violences

Chapô

Le cadre de l’OMS de 2025 relie prévention, pouvoir, ressources et services, en distinguant évolution des attitudes et diminution des violences.

FemRes / 2025
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Analyse de l'article

Prévenir les violences ne peut consister à demander aux femmes de mieux repérer le danger, exprimer leurs limites et gérer seules les conflits. La deuxième édition de RESPECT women: Preventing violence against women, publiée par l’OMS en 2025, réunit relations, conditions économiques, services publics et normes sociales dans un même cadre d’intervention. Elle actualise les données et ajoute les situations humanitaires. La sécurité exige de transformer les conditions qui rendent les violences possibles, au lieu de dépendre uniquement de la capacité des femmes à se transformer elles-mêmes.

Les sept stratégies concernent les compétences relationnelles, le pouvoir d’agir des femmes, les services, la réduction de la pauvreté, la sécurité des environnements, la prévention des maltraitances des enfants et adolescents, et la transformation des attitudes et normes. Elles forment des conditions liées. Négocier à égalité dans le foyer nécessite revenus, services utilisables et soutien collectif contre les violences. Sans ces appuis, parler de communication peut dissimuler le contrôle exercé par une personne sur l’autre. L’exemple des compétences relationnelles concerne explicitement les couples sans violences : il ne saurait devenir une injonction faite aux victimes de réparer une relation violente.

Des ressources sans automatisme émancipateur

Le programme MAISHA, en Tanzanie, illustre l’association de la microfinance et d’une formation à l’émancipation sociale. L’enjeu dépasse l’arrivée d’argent dans le foyer : qui le contrôle, qui décide et les violences restent-elles acceptables ? Les ressources modifient les conditions du choix sans supprimer automatiquement la domination. La mobilisation communautaire dépasse également l’apprentissage d’une parole bienveillante : elle vise les règles qui soutiennent les privilèges masculins, la subordination des femmes et la stigmatisation des victimes.

Les services ne sont pas un simple rattrapage après l’échec de la prévention. Les aides sanitaires, juridiques et sociales et les espaces sûrs déterminent la possibilité de quitter le danger, de demander de l’aide sans perdre ses moyens d’existence et d’être soutenue sans se voir imposer une réponse judiciaire particulière. Le cadre prévoit une réponse coordonnée centrée sur les survivantes, la participation, la confidentialité et l’anticipation des représailles. Ouvrir un guichet sans traiter les coûts de son utilisation peut renvoyer la responsabilité de la sécurité à l’individu.

Un tableau de preuves ne garantit pas les résultats

La méthode indique que la mise à jour repose sur trois revues systématiques, dont deux portent sur les contextes humanitaires. Le tableau distingue approches prometteuses, besoin de données supplémentaires, résultats contradictoires, absence d’évaluation rigoureuse et absence de réduction démontrée des violences. Il distingue aussi les niveaux de revenu et les situations humanitaires. Une absence de preuve ne signifie pas automatiquement une absence d’effet ; un résultat dans un contexte ne garantit pas sa reproduction ailleurs. Le tableau sert à comparer les connaissances.

Les parties consacrées à la théorie du changement et à l’évaluation séparent réalisations, changements intermédiaires et effets durables. Le nombre de participantes à un atelier ou l’adhésion accrue à l’égalité ne remplacent pas une diminution des violences. Étendre un programme suppose de conserver ses principes de droits et de sécurité tout en adaptant langue, ressources et partenariats locaux. Une question découle des exigences de financement et de coopération : si l’on mesure seulement le nombre de personnes atteintes, les savoirs des organisations de femmes sont-ils mobilisés sans soutien durable ?

La perspective humanitaire refuse aussi de faire de la crise un fond qui effacerait les différences. Déplacement, interruption des services et fragilisation de la justice peuvent rendre plus difficile la sortie d’un contrôle déjà installé. Le cadre demande de considérer notamment les femmes handicapées, autochtones et trans et les adolescentes. Il reste un outil de politique publique, et ne prouve ni l’identité de leurs risques ni l’évaluation locale de toutes les mesures. La mise en œuvre nécessite le jugement des personnes concernées et un suivi continu.

La recommandation générale no 35 de la CEDAW éclaire les responsabilités étatiques et les recours ; RESPECT interroge la conception de la prévention et l’évaluation des changements. L’étude de Naila Kabeer sur ressources, pouvoir d’agir et réalisations distingue disposer d’une ressource et pouvoir choisir. Leur rapprochement permet de demander si les femmes déterminent davantage leur vie et subissent moins de violences, plutôt que de confondre progrès et accumulation de rapports d’activité.

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