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Genre, guerre et conflit

Études féministes de la sécurité · Livres

Genre, guerre et conflit

Titre originalGender, War, and Conflict

AuteurLaura Sjoberg

Laura Sjoberg montre de façon accessible mais rigoureuse comment l’ordre du genre façonne les causes, la conduite, les récits et les suites de la guerre.

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Critique et guide de lecture

Gender, War, and Conflict offre une carte d’entrée dans les études féministes de sécurité. Laura Sjoberg ne réduit pas le sujet au décompte des femmes victimes ou à leur présence dans l’armée. Elle suit le genre depuis les causes de la guerre et l’autorisation de combattre jusqu’aux récits de violence, aux déplacements et à la reconstruction. Le genre organise la manière d’imaginer États, armées et ennemis ; il n’est pas une variable ajoutée après l’analyse.

Le livre démonte le couple protecteur fort/protégé vulnérable. L’État légitime la guerre par l’autonomie, la raison et la dureté masculinisées, tout en transformant femmes et enfants menacés en symboles mobilisateurs. Le care, la survie domestique et la reproduction de la main-d’œuvre deviennent un arrière-plan hors guerre. Or le front dépend précisément d’un travail féminisé, dévalué ou contraint.

Sjoberg refuse aussi de faire des femmes des victimes naturellement pacifiques. Elles peuvent être soldats, auteures de violence, nationalistes ou résistantes, mais sont souvent racontées comme mères manipulées, monstres déviants ou exceptions sexualisées. Leur violence ne prouve pas que le genre est absent : elle révèle les actes normalisés comme masculins et ceux qui deviennent scandaleux selon le sexe de leur auteure.

Violences sexuelles, masculinité militarisée, race, classe, médias et institutions d’après-guerre composent un vocabulaire pédagogique solide. Cette synthèse peut toutefois comprimer l’histoire coloniale propre à chaque conflit. Son langage binaire et ses cas du début des années 2010 demandent aussi l’apport des recherches queer, trans, handicapées et décoloniales récentes.

Pour FemRes, l’exercice durable consiste à reformuler chaque question : qui compte comme sujet de sécurité et quelle mort devient dommage collatéral ? Quelle masculinité l’État récompense-t-il et qui restaure la vie quotidienne ? Le livre ne propose pas une cause féministe unique ; il rend impossible d’accepter sans examen un récit prétendument neutre de la guerre.

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