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Noche de fuego

Féminisme latino-américain · Écran

Noche de fuego

Trois filles grandissent dans une région mexicaine de culture du pavot où les mères déguisent leurs filles des hommes armés, faisant de l'enfance, de l'amitié et des soins de protection le centre de la narco-violence.

Réalisateur
Tatiana Huezo
Année
2021
Région
Mexique / Allemagne / Brésil / Qatar
Durée
110 min

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Dans une communauté montagnarde façonnée par la culture du pavot et le contrôle armé, des mères coupent les cheveux de leurs filles, creusent des cachettes et leur apprennent à disparaître. Tatiana Huezo raconte l’histoire à travers Ana et ses amis plutôt qu’à travers les chefs de cartels ou la violence spectaculaire. Le danger se fait entendre dans les moteurs, les hélicoptères, les silences et le retrait brutal des personnes de la vie quotidienne.

Cette perspective change la politique du discours sur le narcotrafic. Le film s’intéresse moins aux personnalités criminelles qu’au travail genré nécessaire pour maintenir les filles en vie lorsque la protection de l’État est absente ou compromise. Les mères semblent strictes parce que les soins ont été militarisés : chaque règle concernant l’habillement, le mouvement et la visibilité est une réponse improvisée à la possibilité d’un enlèvement.

L’amitié préserve un champ de l’enfance que la violence ne peut occuper pleinement. Le jeu, l’école, le désir et l’attention au paysage cohabitent avec la peur. Le parcours documentaire de Huezo est visible dans l’observation patiente des visages et des environnements, mais la beauté des images ne doit pas faire apparaître la précarité de la communauté comme naturelle ou intemporelle. La région est le résultat de l’économie politique, de la militarisation et de l’impunité, et non du destin.

Une lecture féministe relie les filles disparues du film à la visibilité inégale des femmes rurales et autochtones, tout en reconnaissant que la protection peut elle-même restreindre la liberté des filles. Le film ne propose pas de distinction facile entre résistance et survie. Son pouvoir réside dans le fait de présenter le care comme une stratégie collective et l’enfance comme un monde social doté de son propre savoir, et non comme un simple prélude à la victimisation.

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