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Masculinité hégémonique : repenser le concept
Hegemonic Masculinity: Rethinking the Concept
Connell et Messerschmidt repensent le concept par les rapports de pouvoir, les échelles, les corps et l’action des femmes, plutôt que par une personnalité fixe.
Notes de recherche
La « masculinité hégémonique » est parfois réduite à la force, à la violence ou au désir de contrôler. Connell et Messerschmidt contestent cette lecture par les traits de caractère. Il s’agit d’expliquer quelles pratiques légitiment la domination masculine et comment hommes, femmes et institutions participent à cet ordre.
Fréquence et autorité ne se confondent pas
L’hégémonie n’exige ni que la majorité des hommes incarne un idéal, ni que chaque interaction repose sur la violence directe. Une figure peu accessible peut orienter l’autorité, les arrangements domestiques et les récits de réussite. D’autres hommes peuvent profiter de cet ordre tout en subissant des subordinations liées à la classe, à la race, à la sexualité ou à leur position.
Revenant sur les critiques du concept, les auteurs refusent de transformer les masculinités en catégories étanches ou de classer une personne à partir d’un comportement isolé. Les pratiques et les relations permettent mieux de suivre la manière dont une même personne acquiert, perd ou négocie du pouvoir selon les situations.
Un concept capable de penser la transformation
La reformulation porte sur les liens entre échelles locale, régionale et mondiale, sur l’incorporation, la complexité des rapports de genre et leurs contradictions. Un idéal qui circule mondialement n’est pas reproduit à l’identique partout. Les corps ne sont ni des signes sans importance, ni des causes biologiques qui déterminent la domination.
Les femmes ne peuvent rester le décor passif des actions masculines. Leurs pratiques, leurs résistances et leurs adhésions façonnent les relations. Reconnaître cette action ne répartit pas également les responsabilités et n’efface pas les inégalités de ressources ou de capacités de violence.
Cette analyse conceptuelle n’est pas un test de personnalité. Qualifier tout homme autoritaire d’hégémonique ferait perdre l’explication institutionnelle de la légitimité. Doing Gender éclaire l’accomplissement quotidien de l’ordre social. L’intervention de Jackson Katz sur les hommes et la violence permet d’interroger un discours public de responsabilité qui dépasse le caractère de quelques individus.
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