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Abolition des prisons

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Guide FemRes

L’abolition demande ce qui rend la sécurité possible

L’abolition carcérale est souvent réduite à la fermeture des prisons. Son exigence est plus profonde : pauvreté, violences de genre, handicap, dépendance et conflits sont convertis en danger individuel, puis soustraits au regard par la police, les tribunaux et l’enfermement. La punition remplace alors le logement, le soin et le soutien public. L’abolition commence par refuser de tenir cet agencement pour naturel. La prison est une institution historique, entretenue par des budgets et des choix politiques, donc transformable.

C’est une question féministe parce que la promesse de protection n’a jamais été répartie également. Les réponses pénales ont rendu visibles les violences conjugales et sexuelles, mais l’arrestation obligatoire, les poursuites, la police et la surveillance familiale exposent aussi les femmes noires, les personnes migrantes, travailleuses du sexe, queer et trans, handicapées ou pauvres à de nouveaux dommages. Le féminisme abolitionniste refuse le faux choix entre abandonner les victimes et agrandir des institutions qui produisent leur propre violence racialisée et genrée.

L’abolition relève donc autant de la construction que du refus. Logement, revenu, santé, éducation, soutien au handicap, garde d’enfants et services contrôlés par les survivant·es ne sont pas des prestations périphériques : ce sont des infrastructures de sécurité. La justice transformatrice cherche à interrompre les violences, soutenir les personnes touchées, exiger une responsabilité et modifier les conditions de la répétition. Elle ne suppose ni l’innocence naturelle des communautés ni la disparition des violences graves avec le retrait de la police.

Les questions les plus difficiles concernent la transition et le pouvoir. Une communauté peut protéger un agresseur prestigieux, pousser une victime à la réconciliation ou rendre un immense travail gratuit aux femmes et aux organisateur·ices queer. Une réforme peut soulager maintenant ou étendre discrètement la surveillance sous un nom humain. Un test abolitionniste demande donc si elle réduit la coercition, augmente les ressources et le choix des survivant·es, confie la décision aux personnes les plus touchées et rend moins de vies sacrifiables.

Quatre questions pour parcourir l’archive

Que faut-il démanteler ?

Au-delà des bâtiments : police, frontières, contrôle des familles, surveillance électronique et choix budgétaires qui rendent l’enfermement inévitable.

Que faut-il construire ?

Évaluons l’abolition par le logement, le soin, le revenu, la capacité à traiter les conflits et le soutien durable aux survivant·es.

Qui porte le travail ?

La responsabilité est-elle financée et partagée, ou rendue aux femmes, personnes queer et communautés racialisées qui assurent déjà le soin gratuit ?

Dans quel sens va la réforme ?

Les améliorations immédiates comptent. Libèrent-elles des personnes et réduisent-elles la capacité punitive, ou légitiment-elles de nouveaux lits, budgets et contrôles ?

Choisir une entrée

Trois parcours vont de l’argument fondamental aux stratégies de mouvement et aux intersections qui empêchent de réduire l’abolition à une seule cause.

Étude approfondie

Tracer le système carcéral

Lire ensemble économie politique, institutions du handicap, criminalisation trans et responsabilité centrée sur les survivant·es.

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