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Droits des travailleurs du sexe · Projection

Putain et féministe : chroniques d’une travailleuse du sexe

L’organisatrice syndicale argentine Georgina Orellano part d’une scène vécue par son fils à l’école pour parler de stigmatisation, d’organisation collective et de droits du travail.

TED / 0:15
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Notes de projection

Dans cette intervention TEDxRíodelaPlata de 2017, Georgina Orellano, travailleuse du sexe et organisatrice syndicale argentine, commence par une histoire familiale : pour un devoir scolaire, son fils dessine le travail de sa mère, et un adulte le rebaptise « travail social ». Cette correction, apparemment bien intentionnée, rend visible la stigmatisation professionnelle dans une scène ordinaire. L’enfant nomme le travail de sa mère ; un adulte de l’école suppose que cette réponse ne peut pas être acceptée. Orellano ne s’arrête ni à l’humiliation ni au traumatisme. Elle transforme l’épisode en question de nomination : les travailleuses du sexe ne doivent pas seulement être décrites par d’autres comme des victimes, elles doivent pouvoir parler de leur travail, de leur famille et de leurs droits dans leurs propres termes.

L’intervention passe ensuite de l’expérience personnelle aux revendications collectives. Orellano évoque la protection sociale, les soins de santé, le droit de ne pas être punie du seul fait de travailler, et le refus de traiter les travailleuses du sexe comme des objets de jugement moral. Elle parle en tant que secrétaire générale d’AMMAR, l’association des femmes travailleuses du sexe d’Argentine, et membre de la Centrale des travailleurs argentins (CTA). Son propos ne demande donc pas seulement de la visibilité : il inscrit le travail du sexe dans les débats sur les droits du travail, l’organisation collective et le pouvoir de l’État. Le mot « puta » du titre est repris dans le contexte de son auto-désignation ; détaché de ce contexte, il ne doit pas servir d’insulte à autrui.

La conférence montre comment la stigmatisation se reproduit par le langage, l’école et les représentations du droit, tandis que l’organisation syndicale offre une forme politique collective au-delà du témoignage individuel. Elle ne représente pas une position universelle de toutes les travailleuses du sexe et n’efface ni la contrainte, ni la traite, ni la diversité des conditions de travail. Une lecture plus juste tient ensemble le respect de la manière dont Orellano définit sa propre expérience et la question des conditions permettant de travailler en sécurité, de refuser des conditions abusives et d’accéder à des protections. Revolting Prostitutes, également présent dans FemRes, développe un argument de défense des droits porté par des militantes du secteur. La comparaison permet de rapprocher politique syndicale et analyse des politiques transnationales, sans prétendre qu’un format puisse tout englober.

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