Féminisme carcéral · Commentaire
Les Règles de Bangkok
Les règles abordent fouilles, santé reproductive, enfants et alternatives à la détention, sans clore la question politique de l’emprisonnement.
Analyse de l'article
Traiter toutes les personnes détenues comme si elles avaient le même corps masculin n’établit pas l’égalité. Les Règles de Bangkok, adoptées le 21 décembre 2010, concernent les détenues et les mesures non privatives de liberté. Santé, violences antérieures, soin et liens familiaux deviennent des responsabilités institutionnelles plutôt que des demandes exceptionnelles.
Le corps ne doit pas subir une peine supplémentaire
Les règles traitent de la dignité lors des fouilles et des méthodes alternatives. Elles interdisent les sanctions restreignant les contacts familiaux et les moyens de contrainte pendant le travail, l’accouchement et immédiatement après. Nutrition et soins pendant la grossesse ou l’allaitement relèvent du traitement de base, pas d’une récompense pour conformité. Des procédures identiques peuvent causer des dommages différents.
Les liens avec les enfants doivent considérer leur intérêt et la sécurité concrète. La maternité ne doit pas devenir un critère de mérite. Toutes les femmes n’ont pas d’enfant, et tous les liens familiaux ne protègent pas.
Humaniser et réduire la détention
La règle 64 privilégie, lorsque cela est possible et approprié, les peines non carcérales pour les femmes enceintes et celles ayant des enfants à charge, tout en considérant la gravité, la violence et le danger persistant. Elle ne garantit pas une libération. Elle permet d’interroger le choix de la prison comme réponse par défaut.
Abolition. Feminism. Now. articule ces minima à une remise en cause plus longue de l’enfermement. La justice transformatrice examine d’autres réponses aux préjudices. L’humanisation ne doit pas justifier l’expansion carcérale ; la critique des prisons ne doit pas non plus priver les personnes actuellement enfermées de protections immédiates.
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