
Lutte contre les violences sexuelles · Livres
Le viol pendant la guerre civile
Titre originalRape During Civil War
Dara Kay Cohen utilise des données comparatives pour expliquer pourquoi certains groupes armés commettent des viols de guerre massifs tandis que d’autres ne le font pas.
Critique et guide de lecture
Dans Rape During Civil War, Dara Kay Cohen part d’une variation décisive : si le viol de guerre résultait nécessairement de l’agressivité masculine, de la haine ethnique ou de l’effondrement de la discipline, pourquoi certains groupes armés y recourent-ils massivement et d’autres non ? Une base comparative et des enquêtes en Sierra Leone, au Timor-Leste et au Salvador permettent de tester les explications plutôt que de présumer une cause universelle.
L’argument central relie le viol collectif à la socialisation de combattants recrutés de force. L’enlèvement produit des unités sans confiance préalable ; la violence commune peut créer des liens, imposer la complicité et marquer l’appartenance. Cela ne signifie ni que le viol serait nécessaire, ni que les auteurs seraient privés de choix : Cohen identifie un mécanisme précis et distingue cette pratique d’autres violences sexuelles ou de stratégies directement ordonnées.
Toute explication organisationnelle comporte des risques : la causalité peut sembler excuser, les survivantes disparaître derrière les données et les cas ne pas épuiser les significations coloniales, raciales ou locales. L’intérêt pratique du livre est pourtant de refuser le fatalisme. Si la violence varie avec recrutement, cohésion, commandement et normes, la prévention doit examiner comment les groupes sont fabriqués au lieu de traiter le viol comme un fait inévitable de la guerre.
Réponses des lecteurs
Notes de lecture
Partagez votre lecture ou ajoutez une piste à poursuivre.
Rejoindre la discussion
Chargement des commentaires...
Soutenir
Si ce contenu vous a été utile



