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Tout peut changer

Justice climatique · Livres

Tout peut changer

Titre originalThis Changes Everything: Capitalism vs. the Climate

AuteurNaomi Klein

Naomi Klein affirme que la crise climatique défie l’idéologie du marché, le capital fossile et l’extractivisme.

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Critique et guide de lecture

Le livre de Naomi Klein Ça change tout soutient que la rupture climatique n’est pas un problème politique parmi tant d’autres, mais un défi civilisationnel au capitalisme dérégulé. Des décennies de retard ne s’expliquent pas par un manque de solutions techniques : les énergies renouvelables, le transport public, la conservation et des manières de vivre moins émettrices de carbone sont déjà imaginables. L’obstacle est une économie politique attachée à une croissance sans fin, à la privatisation, au pouvoir des entreprises et à l’extraction de plus en plus destructrice. Klein relie le déni, l’écologisme faible basé sur le marché, le capitalisme des catastrophes et les fantasmes de géoingénierie au même refus de limiter l’accumulation ou de démocratiser le contrôle des terres et de l’énergie.

L’alternative proposée par le livre émerge à travers des mouvements—en particulier la résistance autochtone et les luttes liées au territoire que Klein qualifie de « Blockadia »—qui relient les émissions à la souveraineté, au travail, aux services publics et à la responsabilité historique. C’est là que sa valeur féministe devient la plus claire, même si le genre n’est pas sa catégorie analytique centrale. L’extractivisme repose sur le travail reproductif dévalorisé, les zones de sacrifice, les revendications coloniales sur la terre et un idéal de maîtrise que les écoféministes contestent depuis longtemps. L’action climatique peut donc élargir le soin public et la participation démocratique, ou elle peut reproduire la dépossession à travers les marchés verts et la planification technocratique. La question n’est pas simplement de savoir quelle source d’énergie l’emporte, mais qui contrôle la transition et quelles vies sont considérées comme sacrifiables.

L’échelle de Klein confère au livre un pouvoir de mobilisation, mais elle compresse parfois différents mouvements et régions dans une seule narration anti-capitaliste. Les lecteurs devraient la compléter par des travaux menés par des organisateurs autochtones, du Sud global, noirs, féministes et pour la justice en matière de handicap, qui précisent comment les dommages climatiques et la transition sont vécus de manière inégale. Néanmoins, le livre a changé de manière décisive le langage public sur le climat en déplaçant l’attention de la consommation individuelle vers les institutions et le pouvoir. Pour FemRes, il offre un pont entre la préoccupation climatique et la politique systémique : si la crise change tout, alors une réponse juste doit transformer la propriété, le soin, le travail et la démocratie plutôt que de préserver l’ordre existant avec une machinerie plus propre.

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