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Division sexuelle du travail · Recherche

Ouvriers = ouvrières ?

Ouvriers = ouvrières ? Propositions pour une articulation théorique de deux variables : sexe et classe sociale

Kergoat conteste le modèle masculin de la sociologie du travail et relie gestion d’usine, temps domestique et revendications syndicales dans l’analyse du sexe et de la classe.

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Notes de recherche

Ouvriers = ouvrières ? demande pourquoi l’ouvrier prétendument universel représente si souvent l’expérience masculine, alors que les ouvrières deviennent un cas particulier. L’article de 1978 articule sexe et classe, plutôt que d’ajouter une différence féminine à une classe supposée neutre.

La famille entre dans l’usine

Kergoat examine la mobilisation patronale de rapports de sexe existants. Le cas de Rhône-Poulenc décrit des tentatives de passage à temps partiel imposé à certaines femmes mariées selon leur situation familiale, ainsi que leurs résistances. Mariage et enfants deviennent des instruments de gestion, non un arrière-plan privé extérieur à l’exploitation de classe.

Le temps constitue un autre lien. Travail salarié et domestique s’enchaînent entre usine et maison. Ne compter qu’une partie comme travail transforme l’épuisement ou l’indisponibilité en manque d’engagement. Présenter les orientations professionnelles féminines comme des préférences peut déjà confondre choix et allocation inégale du temps.

Qui définit la revendication générale ?

L’article critique aussi les syndicats lorsqu’ils prennent l’expérience masculine pour générale et les demandes féminines pour particulières. Inclure les femmes ne signifie pas seulement les recruter dans une organisation inchangée : cela implique de redéfinir travail, loisir et participation à la lutte. Leurs pratiques peuvent déplacer les frontières entre production et reproduction, privé et public.

L’enquête s’inscrit dans le travail industriel français des années 1970 ; elle ne décrit pas directement toutes les relations informelles, coloniales ou transnationales. Elle n’impose pas non plus deux groupes de sexe homogènes. Elle demande comment les rapports de sexe reconfigurent divisions et solidarités de classe, sans additionner mécaniquement deux désavantages.

L’analyse ultérieure de Hirata et Kergoat prolonge cette interrogation dans les transformations de la division sexuelle du travail. Le débat sur consubstantialité et intersectionnalité précise la constitution réciproque des rapports sociaux.

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