Économie du soin · Projection
Le care collectif est le travail
Inspirées par les féminismes noirs et la justice du handicap, deux organisatrices de Level Up définissent le care collectif comme infrastructure du mouvement plutôt que bien-être ajouté après l’action.
Notes de projection
Janey Starling et Seyi Falodun-Liburd partent de l’épuisement, du conflit et des départs dans les mouvements sociaux. Des organisations radicales peuvent critiquer l’usure capitaliste tout en reproduisant urgence, surtravail et dépendance au travail émotionnel de quelques membres. Inspirées par les féminismes noirs et la justice du handicap, elles soutiennent que le care collectif n’est pas la récupération après la réunion, mais l’infrastructure qui décide si un mouvement dure, qui peut participer et qui sera sacrifié.
« Collectif » signifie déplacer le besoin de la honte privée vers la conception commune : parler d’accès, d’argent, de charge, de conflit, de repos et de sécurité ; permettre de nommer ses limites ; empêcher le care de retomber toujours sur les femmes, les personnes noires, queer ou handicapées. Il ne s’agit pas d’éviter la responsabilité ni de rester confortable. Traiter les dommages, réparer les relations et ajuster le pouvoir est une pratique plus exigeante que l’héroïsme individuel.
La conférence propose les principes de Level Up, non un manuel universel. Les groupes sous-financés affrontent encore urgence politique, temps limité et manque d’argent. Mais la mesure de l’efficacité change : actions et couverture médiatique ne suffisent pas ; les participant·es doivent pouvoir rester, grandir et conserver leur intégrité. Une politique de libération qui avance seulement en épuisant les plus marginalisé·es contredit déjà son objectif par sa méthode.
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