FemResLa revue vivante

Féminisme autochtone · Projection

Lorena Cabnal : corps, territoire et guérison féministe communautaire

La féministe et guérisseuse maya q’eqchi’ et xinka Lorena Cabnal relie autonomie corporelle, défense des terres, guérison collective et pouvoir d’agir des femmes.

YouTube / 0:23.2
Voir sur la plateforme d'origine ↗
01

Notes de projection

Cet échange avec Lorena Cabnal, membre du Réseau des guérisseuses ancestrales du féminisme communautaire territorial, a été enregistré à Córdoba lors de la rencontre de CISCSA consacrée aux femmes et aux injustices territoriales en 2019. Cabnal situe sa pensée à Iximulew — le nom qu’elle emploie pour le Guatemala — et dans son expérience de femme maya q’eqchi’ et xinka. La vidéo est courte, mais elle ouvre une question qui traverse son travail : que se passe-t-il lorsque la violence politique exercée sur les territoires se vit aussi à travers les corps ?

Le concept de corps-territoire désigne une relation, pas une équivalence poétique. L’appropriation des terres et le contrôle des corps sont reliés par des histoires coloniales et patriarcales qui déterminent qui peut habiter, décider, extraire et prendre soin. Cette perspective refuse de dissocier les violences envers les femmes du dépossession territoriale et de la dégradation des conditions qui soutiennent la vie. Elle ne réduit pas pour autant le territoire à une métaphore du corps : communautés, terres et corps ont des histoires et des conflits distincts, même si les rapports de domination qui les traversent peuvent se renforcer.

La guérison apparaît ici comme une pratique politique collective. Elle ne se résume pas à une thérapie privée qui aiderait à s’adapter à l’injustice, et ne remplace pas la justice matérielle. Le Réseau des guérisseuses mobilise savoirs et liens communautaires pour accompagner les blessures laissées par la violence tout en maintenant la question des structures qui les produisent. Le soin soutient la vie et l’organisation, mais conteste aussi l’idée qu’il serait une disposition naturelle des femmes et une ressource illimitée que les autres pourraient consommer.

Il faut éviter de transformer cette proposition en recette universelle ou en célébration sans tension de « l’ancestral ». Les savoirs autochtones sont contemporains, pluriels et débattus ; leur force ne dépend pas de leur idéalisation. L’échange invite plutôt à examiner comment les mouvements articulent défense des territoires, autonomie corporelle et réseaux de soin sans effacer les différences internes ni parler à la place des communautés. À mettre en regard du rapport régional sur l’autonomie des femmes autochtones en Amérique latine et du recueil Feminisms in Movement, qui fait place à la pluralité des généalogies politiques du continent.

Échange et contexte

Réponses des lecteurs

Après la projection

Partagez votre regard ou ajoutez une autre piste audiovisuelle à suivre.

Rejoindre la discussion

Réponses

Chargement des commentaires...

Soutenir

Si ce contenu vous a été utile

Soutenir FemRes