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Justice climatique · Projection

Les opportunités cachées de l'action climatique pour les femmes

Dans cette conférence TED@BCG, la chercheuse en genre et climat Zineb Sqalli critique le cadre neutre du point de vue du genre de la politique climatique et révèle comment il perpétue souvent l'inégalité. Elle met en avant l'urbanisme égalitaire de Vienne comme modèle et appelle à des stratégies climatiques qui intègrent intentionnellement l'équité des sexes à chaque étape.

TED / 15:00
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Notes de projection

Zineb Sqalli monte sur scène à TED@BCG pour livrer une intervention critique dans la crise climatique mondiale, arguant que la politique “neutre du point de vue du genre” est un mythe dangereux qui perpétue les injustices existantes. En tant que chercheuse dédiée à l’intersection des systèmes environnementaux et sociaux, Sqalli révèle comment l’urgence climatique agit comme un multiplicateur de risques, impactant de manière disproportionnée les femmes et les filles qui sont souvent exclues des tables de décision mêmes où les solutions sont forgées. Elle postule que l’absence d’analyse de genre intentionnelle dans la stratégie climatique ne résulte pas en une neutralité, mais plutôt en la reproduction automatique des structures de pouvoir patriarcales. Son discours sert d’appel à aller au-delà de la simple réforme vers un “dégroupage” radical de la politique environnementale du statu quo aveugle au genre, insistant sur le fait que nous ne pouvons pas atteindre un avenir vert si nous laissons la moitié de l’humanité derrière.

La pièce maîtresse de la preuve de Sqalli est le modèle transformateur de Vienne, une ville qui a systématiquement intégré l’analyse de genre dans son développement urbain. Cette “pédagogie de la justice spatiale” a prouvé que lorsque les villes sont conçues pour les trajets complexes et centrés sur le soin des femmes — qui gèrent souvent les trajets scolaires, les courses alimentaires et les soins aux personnes âgées en plus du travail — l’infrastructure résultante profite à tout le monde, y compris les enfants, les personnes âgées et les handicapés. En élargissant les trottoirs et en améliorant le flux des transports publics, Vienne a démontré que la planification “sensible au genre” ne concerne pas des faveurs spéciales, mais la reconnaissance de la réalité des divers besoins humains. Sqalli soutient qu’un changement similaire de conscience est nécessaire pour l’action climatique ; de l’emplacement des stations de recharge de VE à la création d’emplois verts, chaque solution technique doit être croisée avec son impact sur l’équité sociale.

Une dimension vitale de la critique de Sqalli est le “silence” qui entoure le travail de soin non rémunéré dans les modèles climatiques économiques. Elle souligne que les millions d’heures que les femmes passent à sécuriser l’eau, la nourriture et le carburant — un travail qui augmente exponentiellement pendant les sécheresses ou les inondations — restent invisibles dans les calculs traditionnels du PIB et les analyses coûts-avantages. Cette “pensée rose” de l’économie échoue à reconnaître que le travail des femmes est le socle de la résilience communautaire. En échouant à valoriser ce travail ou à inclure les connaissances écologiques des femmes indigènes dans la planification, les stratégies climatiques actuelles travaillent effectivement avec une main attachée dans le dos. Sqalli appelle à une redistribution de la finance climatique, notant qu’actuellement moins de 3 % du financement cible explicitement l’égalité des sexes, un désalignement stupéfiant qui néglige l’efficacité prouvée de l’adaptation locale dirigée par les femmes.

En fin de compte, Sqalli recadre les femmes non pas comme des victimes passives du changement climatique, mais comme les “guerrières” essentielles de la transition verte. Elle envisage un avenir où l’action climatique et la justice de genre se renforcent mutuellement dans un cycle d’“activisme du plaisir” — où le travail de sauver la planète est synonyme du travail de construire une société plus respectueuse et équitable. Son message est une invitation vibrante à saisir la fenêtre étroite pour l’action climatique comme une opportunité unique pour une transformation systémique. En reconstruisant notre “maison commune” pour qu’elle soit intentionnellement inclusive, nous pouvons assurer que la transition vers les énergies renouvelables n’est pas seulement une solution technologique, mais une évolution profonde dans la façon dont nous valorisons la dignité humaine. Sqalli conclut avec le rappel que le meilleur espoir pour un avenir durable réside dans le courage de reconstruire notre monde pour tout le monde, en commençant par les voix qui ont trop longtemps été marginalisées.

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