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Faire la paix avec la Terre

Écoféminisme · Livres

Faire la paix avec la Terre

Titre originalMaking Peace with the Earth

AuteurVandana Shiva

Vandana Shiva relie guerres de la terre, de l’eau, des forêts, des semences et de l’alimentation pour défendre une économie centrée sur la Terre.

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Critique et guide de lecture

Making Peace with the Earth de Vandana Shiva organise la crise écologique comme une série de guerres connectées pour la terre, l’eau, le climat, les forêts, la nourriture et les semences. La mondialisation des entreprises présente l’extraction, le génie génétique, l’agriculture industrielle et l’acquisition de terres comme du développement, tout en transférant la dette écologique aux agriculteurs, aux communautés autochtones, aux femmes et aux générations futures. Le langage guerrier de Shiva vise à révéler que la destruction de l’environnement n’est pas un effet secondaire accidentel de la croissance : les lois, les régimes commerciaux et les droits de propriété autorisent activement certaines institutions à épuiser les conditions de la vie collective.

La force écoféministe du livre réside dans le lien entre la biodiversité et la subsistance et l’économie politique. La souveraineté des semences concerne ceux qui peuvent reproduire la vie et la connaissance ; L’eau et les forêts sont des relations de survie avant d’être des marchandises. Les femmes apparaissent souvent au centre non pas parce qu’elles sont naturellement plus proches de la nature, mais parce que les divisions sexistes en matière de production alimentaire, de carburant, d’eau et de soins les amènent à être confrontées très tôt à la dépossession et à s’organiser contre cette situation. Une démocratie centrée sur la Terre nécessite donc un contrôle collectif, des limites écologiques et l’autorité des connaissances locales plutôt qu’une image de marque plus verte du consommateur.

Les vastes contrastes civilisationnels de Shiva peuvent néanmoins comprimer les différences entre les communautés et risquent parfois d’opposer un monde purement local à un Occident uniformément destructeur. Les lecteurs devraient compléter le livre par des études attentives aux castes, au travail, au pouvoir de l’État, aux désaccords scientifiques et à la souveraineté autochtone selon ses propres conditions. Sa contribution la plus importante n’est pas un retour romantique à la tradition mais un test politique exigeant : qui supporte les dégâts de la « croissance », dont les connaissances sont rejetées, et une économie peut-elle faire passer la reproduction du sol, de l’eau, des semences et des soins avant le profit des entreprises ?

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