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This Bridge We Call Home

Féminisme des femmes racisées · Livres

This Bridge We Call Home

AuteurGloria Anzaldúa, AnaLouise Keating

Une vaste anthologie de visions radicales de transformation qui prolonge les politiques féministes de ponts à travers les différences.

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Critique et guide de lecture

Publié plus de vingt ans après This Bridge Called My Back, This Bridge We Call Home rassemble plus de quatre-vingts écrits édités par Gloria E. Anzaldúa et AnaLouise Keating. Poésie, mémoires, théorie, pédagogie, œuvres visuelles et réflexion spirituelle revisitent le féminisme des femmes de couleur tout en ouvrant la conversation aux contributeurs situés différemment selon la race, le genre, la sexualité et le pouvoir institutionnel. L’anthologie ne considère pas le « pont » comme une exigence pour que les personnes marginalisées se rendent disponibles pour tout le monde. Elle demande quels types de soi et de communautés doivent être transformés avant que le franchissement des différences puisse devenir plus qu’une célébration de la diversité.

Les concepts d’Anzaldúa de nepantla et du nepantlera donnent à la collection une politique exigeante d’entre-deux. Vivre entre des mondes peut produire perception et connexion, mais cela implique également contradiction, blessures, et risques inégaux. Les contributeurs examinent le privilège, le travail académique, les communautés queer et lesbiennes, l’aide sociale, la racialisation, la spiritualité et l’alliance, testant à plusieurs reprises si l’identité peut rester une source de connaissance historique sans se durcir en une catégorie politique fermée. La coalition n’est donc pas une unité atteinte une fois pour toutes ; c’est une pratique éthique d’écoute, d’auto-interrogation, de conflit et d’action dans laquelle un terrain commun doit être trouvé sans prétendre que tous arrivent avec le même pouvoir.

La taille et la variété générique de l’anthologie la rendent générative mais inégale, et son vocabulaire spirituel ne convaincra pas tous les lecteurs. Sa tentative d’inclure des contributeurs blancs et des hommes soulève également des questions productives sur le moment où l’inclusion redistribue la responsabilité et celui où elle recentre ceux dont la voix est déjà entendue. Ces tensions ne sont pas des raisons de rejeter le projet ; elles font partie de l’épreuve du pont. Pour les lecteurs de FemRes, la collection relie le féminisme chicana et celui des femmes de couleur à une théorie plus large de transformation. Elle affirme que la solidarité n’est pas une identité que l’on revendique mais une relation que l’on construit, et que la construire peut nécessiter de changer le soi qui a d’abord imaginé tendre la main.

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