FemResLa revue vivante
Zéros et uns

Cyberféminisme · Livres

Zéros et uns

Titre originalZeros and Ones: Digital Women and the New Technoculture

AuteurSadie Plant

L’écriture cyberféministe de Sadie Plant relie tissage, calcul, travail des femmes et culture des réseaux.

01

Critique et guide de lecture

Zeros and Ones de Sadie Plant est une histoire non linéaire et un manifeste reliant femmes, machines, tissage, calcul, télécommunications et la culture émergente des réseaux des années 1990. Ada Lovelace n’apparaît pas comme une femme exceptionnelle isolée, mais dans le cadre d’une association plus longue entre le travail textile à motifs et le calcul ; dactylographes, standardistes, programmeuses et autres travailleuses féminisées révèlent comment une technologie supposément masculine dépend d’un travail codé comme répétitif ou secondaire. Plant soutient que les réseaux numériques distribués peuvent déstabiliser le sujet borné et autonome sur lequel l’autorité patriarcale s’est appuyée.

Le livre est devenu un jalon du cyberféminisme parce qu’il ne se contentait pas de réclamer que les femmes accèdent aux institutions technologiques sur un pied d’égalité. Sa forme et son argumentation imaginent les réseaux, la multiplicité, le retour d’information et le code comme des forces capables de brouiller les identités stables et le contrôle centralisé. Cette exubérance capture un moment historique important où Internet pouvait être perçu comme une ouverture à de nouvelles affinités et modes d’auteur. Elle rétablit également les liens entre la production textile et la technologie de l’information que les historiques conventionnelles séparent, faisant du travail genré une partie de l’histoire conceptuelle de l’informatique plutôt qu’une réflexion tardive.

Ses provocations nécessitent maintenant une critique substantielle. Plant traite parfois les « femmes » et les machines comme des alliées naturellement fluides contre un ordre masculin rigide, risquant l’essentialisme biologique ou symbolique. La confiance que les réseaux eux-mêmes dissolvent la hiérarchie sous-estime les monopoles des plateformes, la surveillance, le capitalisme racial, l’extraction minérale, le travail en usine mondial, les abus en ligne et la capacité de l’État à gouverner les systèmes numériques. Ce ne sont pas des raisons pour abandonner le livre, mais pour le lire de manière historique par rapport à l’internet qui a suivi. Pour FemRes, Zeros and Ones est le plus précieux à la fois comme expérience cyberféministe générative et comme preuve des limites du techno-optimisme : la libération ne dépend pas seulement de la connectivité, mais de qui possède les infrastructures, effectue leur travail et peut refuser leurs conditions.

Réponses des lecteurs

Notes de lecture

Partagez votre lecture ou ajoutez une piste à poursuivre.

Rejoindre la discussion

Réponses

Chargement des commentaires...

Soutenir

Si ce contenu vous a été utile

Soutenir FemRes