Féminisme latino-américain · Recherche
Mettre fin à la violence envers les femmes en Amérique latine : production de normes féministes dans un contexte multiniveau
Une étude sur l'élaboration de normes féministes depuis la résistance sous la dictature à la Convention de Belém do Pará, axée sur l'écart persistant entre les engagements régionaux et la pratique des États.
Résumé
L’article retrace comment les féministes latino-américaines ont fait passer la violence à l’égard des femmes d’une préoccupation privée à une norme régionale en matière de droits de l’homme, puis explique pourquoi la ratification et la législation nationale échouent souvent à la mettre en œuvre.
Notes de recherche
Conny Roggeband reconstitue la manière dont les féministes latino-américaines ont politisé la violence contre les femmes sous les dictatures et les conflits armés. En reliant la torture, le viol en temps de guerre, la violence domestique et la subordination publique, les mouvements ont remis en cause la division public/privé qui permettait aux États de renier la violence commise à l’intérieur des foyers ou par des acteurs non étatiques.
L’article fait suite à ce travail sur la démocratisation et à la Convention de Belém do Pará de 1994, un instrument régional pionnier qui oblige les États à prévenir, enquêter et punir la violence dans les sphères privée, communautaire et étatique. Pourtant, une ratification généralisée n’a pas abouti à une législation, à des budgets, à des institutions ou à une application nationale équivalents. Les normes évoluent de manière inégale à travers les niveaux régional, national et de mouvement et peuvent être restreintes au fur et à mesure de leur mise en œuvre.
Le cadre multiniveau aide à expliquer pourquoi la reconnaissance juridique est à la fois une victoire et un résultat instable. Cela sous-estime peut-être l’économie politique et le travail quotidien des survivants, mais cela donne à ses partisans un moyen précis de localiser les blocages. Au lieu de se demander si un pays « dispose » d’une loi sur la violence, les lecteurs sont encouragés à examiner quelle définition a survécu, qui est responsable de sa mise en œuvre et si les institutions peuvent être tenues responsables des revendications féministes qui ont créé la norme.
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