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Féminisme numérique · Projection

Je n'en voyais aucune, alors j'ai créé une communauté de femmes dans la tech

La responsable technologique maldivienne Aishath Adnan revient sur la création de Women in Tech Maldives et relie la visibilité des femmes à la connectivité des îles, à l'éducation et aux politiques du soin.

TED / 0:12
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Notes de projection

Le résumé publié de la conférence TEDxBaaAtoll part d’une inquiétude familière : Aishath Adnan craignait de n’avoir d’autre choix que la voie domestique que la société réserve aux femmes. Elle choisit de travailler dans la technologie, puis constate qu’elle y voit très peu de femmes. Le titre, « Je n’en voyais aucune, alors j’en ai créé une », transforme cette absence en action : plutôt que d’exhiber quelques techniciennes comme des exceptions, elle et ses pairs ont créé un lieu où se rencontrer, apprendre et se soutenir.

Dans un entretien avec le Maldives Financial Review, les cofondatrices de Women in Tech Maldives se souviennent d’une première rencontre réunissant plus d’une dizaine de femmes, puis de la transformation de ce réseau en organisation durable. L’entretien élargit la question au-delà de la représentation au travail : accès à Internet dans les îles éloignées, services publics numériques en dhivehi, possibilités pour les spécialistes locaux de participer aux projets publics et interruptions de carrière liées aux responsabilités de soin. Ces éléments ne sont pas des citations de la présentation TED ; ils éclairent le contexte dans lequel cette communauté s’est construite.

Dans une perspective féministe, un réseau peut devenir une infrastructure : il combat l’isolement, fait circuler les savoirs et rend les opportunités plus accessibles. Il ne peut cependant pas remplacer les responsabilités des écoles, des entreprises et de l’État en matière de connectivité, d’éducation, de recrutement et de conditions de travail. Présenter le problème comme un manque de confiance des femmes ferait une nouvelle fois peser sur elles la charge du changement. Le télétravail ou la flexibilité peuvent ouvrir certaines voies, mais ne doivent pas devenir l’unique solution en demandant aux femmes de cumuler emploi rémunéré dans la tech et travail du soin inégalement réparti.

La visibilité n’est donc pas le but final. Il faut demander si les filles ont accès à l’éducation et au réseau, si l’expertise des femmes est reconnue et si les communautés peuvent contribuer à changer les règles. Pour une autre perspective sur les communautés professionnelles de femmes dans la technologie, voir l’intervention de Melina Masnatta sur les femmes et la technologie.

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