Féminismes sud-asiatiques · Projection
Parler des corps et des sexualités
La militante népalaise Bivishika Bhandari affirme que nommer le corps et la sexualité est une condition pratique pour la santé, l'autonomie et la participation économique, en particulier pour les femmes qui ont appris à considérer leur propre anatomie comme honteuse.
Notes de projection
Bivishika Bhandari part de la difficulté de parler clairement des corps et des sexualités au Népal. L’euphémisme et le silence sont souvent défendus comme de la modestie, mais ils limitent également l’accès aux informations sur la santé, rendent le harcèlement plus difficile à nommer et apprennent aux femmes à expérimenter leur propre anatomie dans l’embarras. La conversation devient une ressource féministe matérielle plutôt qu’une simple question d’ouverture personnelle.
Son travail relie la connaissance corporelle aux moyens de subsistance et à la participation du public. Les femmes ne peuvent pas exercer leur autonomie si la santé reproductive, les menstruations, le désir et la violence restent indescriptibles, ni si la dépendance économique rend le refus dangereux. Les programmes communautaires, les performances et les entreprises dirigées par des femmes peuvent créer des environnements dans lesquels la discussion est liée à un soutien pratique plutôt qu’à une prise de conscience isolée.
Le langage de l’autonomisation doit encore être testé par rapport à la caste, à la classe sociale, au handicap, à l’accès rural et à l’expérience queer ou trans ; tout le monde ne gagne pas en sécurité simplement en parlant. La contribution la plus importante de ce discours est de rejeter le silence comme étant culturellement neutre. Ce qui ne peut être nommé est difficilement contestable. L’éducation féministe doit donc construire à la fois un vocabulaire et des conditions de protection, afin que parler du corps élargisse les choix au lieu d’exposer les individus à des sanctions.
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