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Autonomie corporelle · Projection

Pourquoi des Iraniennes se coupent-elles les cheveux pour « Femme, Vie, Liberté » ?

La journaliste et documentariste irano-britannique Sahar Zand part d'un souvenir personnel pour comprendre comment la coupe des cheveux est devenue un geste visible de deuil et de solidarité dans le mouvement Femme, Vie, Liberté.

TED / 0:14
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Notes de projection

L’intervention de Sahar Zand commence par un souvenir d’enfance : elle s’est demandé si la vie aurait été plus facile si elle était née garçon. Cette question relie une expérience intime aux attentes de genre et lui sert d’entrée vers le mouvement Femme, Vie, Liberté. Après la mort de Mahsa Jina Amini en 2022, des images de femmes se coupant les cheveux sont devenues un geste visible de deuil et de défi. Les cheveux sont souvent considérés comme une partie privée du corps ; les couper et rendre l’acte public transforme une pratique ordinaire de gestion du corps en réponse politique à la question : qui peut décider des corps des femmes ?

La force du geste tient à sa visibilité : il peut être reproduit et partagé. Mais cette visibilité peut aussi aplatir la complexité du mouvement. Se couper les cheveux n’est ni un geste partagé par toutes les Iraniennes ni un programme complet de changement politique. Si la couverture internationale ne voit le mouvement qu’à travers quelques images saisissantes, l’éducation, le travail, le droit, les inégalités économiques et les différences générationnelles risquent de sortir du cadre. L’intervention de Zand aide à comprendre comment circule un symbole ; elle ne doit pas être prise pour la parole unifiée de toutes les personnes mobilisées.

Journaliste et documentariste irano-britannique, Zand travaille entre expérience iranienne, actualité internationale et communautés de la diaspora. La solidarité transfrontalière peut utiliser cette visibilité pour faire circuler des informations, mais elle doit aussi demander : qui assume les risques de la protestation, qui choisit les récits médiatisés et comment les communautés à l’étranger peuvent-elles soutenir, sans les remplacer, les voix des personnes en Iran ? Garder ces questions ouvertes évite de transformer la résistance en récit inspirant destiné à être consommé de l’extérieur.

L’intervention parle donc de davantage que de cheveux. Elle montre comment l’autonomie corporelle s’entrelace avec la vie publique, le pouvoir d’État et l’organisation collective. « Femme, Vie, Liberté » ne se réduit pas à l’apparence ; la coupe des cheveux est l’une des manières de rendre momentanément visible cette lutte. Pour réfléchir à la façon dont les femmes musulmanes sont réduites à des suppositions sur leur tenue religieuse visible, voir aussi l’intervention de Yassmin Abdel-Magied sur le foulard et les stéréotypes, sans confondre ces contextes politiques distincts.

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