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Critique de la représentation médiatique · Commentaire

Jouer la « garce » : pourquoi le BFI programme des femmes redoutables

Chapô

À partir du texte de programmation d’Anna Bogutskaya au BFI, une réflexion sur l’action des femmes, la fabrication du canon et les limites de la réappropriation des insultes.

FemRes / 1 mai 2019
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Analyse de l'article

Le texte de programmation publié par Anna Bogutskaya au BFI en 2019 offre une entrée précoce dans les questions de son futur livre. Une programmatrice y explique une sélection : elle ne prétend pas écrire l’histoire de toutes les femmes au cinéma. Un cycle produit un argument en rapprochant des œuvres, et cet argument peut lui-même être discuté.

Pour FemRes, l’enjeu est de comprendre ce qui change lorsque des personnages féminins deviennent un corpus plutôt que des exceptions dans la carrière de réalisateurs. Une rétrospective réorganise la mémoire ; elle peut mettre au centre une interprétation jusque-là réduite à l’accompagnement ou au spectacle. Mais sélectionner, c’est aussi exclure. La disponibilité des copies, les archives, les droits et les traditions critiques déterminent qui peut apparaître. Une programmation féministe doit rendre ces limites discutables au lieu de naturaliser sa liste.

Le titre provocateur pose aussi une question d’adresse. Se réapproprier une insulte peut interrompre la honte, mais aucun public universel ne l’entend de la même façon. Un mot affectueux entre amies peut devenir une forme de harcèlement au travail. Il ne suffit pas de déclarer sa réappropriation achevée : qui l’emploie, qui peut le refuser, et quelle blessure disparaît lorsqu’une plaisanterie est réputée émancipatrice ?

L’action et la domination ne se confondent pas davantage. Une femme qui organise les événements autour de ses fins déjoue l’attente qu’elle serve seulement le récit d’autrui. Avoir un projet ne garantit pourtant rien quant à ses conséquences. Une discussion de projection peut tenir ensemble deux questions : quelle liberté a-t-elle acquise, et que fait son action aux autres ? Admirer un travail artistique n’oblige pas à admirer le pouvoir représenté.

Lire ce texte avant Unlikeable Female Characters, puis confronter All About Eve à Mean Girl Feminism, permet d’ouvrir cette discussion. Ce rapprochement est proposé par FemRes, non présenté comme le programme original du BFI. Cette page est une réponse éditoriale, pas une traduction intégrale de l’article.

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