Féminisme socialiste · Commentaire
La Journée des femmes
Kollontaï répond à l’idée qu’une organisation spécifique divise les travailleurs : ouvrir les portes ne suffit pas à rendre la participation possible.
Analyse de l'article
Kollontaï fait de la participation politique des femmes une question d’organisation collective : que demande la solidarité du travail au-delà d’une porte ouverte ?
La Journée des femmes de Kollontaï, en 1913, part d’une controverse : pourquoi un événement spécifique si les travailleurs partagent une même lutte ? Elle ne renonce pas à cette lutte ; elle demande pourquoi l’organisation commune ferait des conditions masculines celles de tous.
Les portes des syndicats et partis peuvent être ouvertes sans que les ouvrières y entrent. L’admissibilité n’abolit ni l’autorité familiale, ni l’absence de droits, ni les effets d’une exclusion durable. Un langage et une mobilisation spécifiques ne sont donc pas des faveurs superflues : ils révèlent les changements nécessaires dans l’organisation elle-même.
Kollontaï associe les positions de salariée et de mère. Protection de la maternité, travail des enfants, coût de la vie et droits politiques montrent ce qu’une revendication de classe générique peut manquer. La solidarité ne devrait pas exiger la suspension de ces préoccupations. Les prendre en charge transforme les possibilités d’agir dans le mouvement.
L’essai décrit néanmoins l’action comme un réveil de femmes arriérées et accorde une place centrale à la maternité. Cette rhétorique d’avant-garde entre en tension avec l’auto-organisation. Il n’est pas nécessaire d’accepter toutes ses oppositions entre mouvements de femmes. Ses chiffres d’adhésion appartiennent à leur contexte historique.
Le discours de Zetkin de 1896 permet une comparaison entre classe et organisation des ouvrières. La prolétaire de Luxemburg ouvre la question aux rapports coloniaux et à la reconnaissance du travail productif. La solidarité apparaît comme une relation à construire.
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