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Foulards et hymens : pourquoi le Moyen-Orient a besoin d’une révolution sexuelle

Féminisme arabe · Livres

Foulards et hymens : pourquoi le Moyen-Orient a besoin d’une révolution sexuelle

Titre originalHeadscarves and Hymens: Why the Middle East Needs a Sexual Revolution

AuteurMona Eltahawy

La polémique de Mona Eltahawy relie le contrôle de l’État, de la famille et de la religion sur le corps des femmes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, tout en forçant un débat sur la colère, la généralisation et la politique du discours au nom d’une région.

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Critique et guide de lecture

Mona Eltahawy écrit avec l’urgence d’un manifeste. En Égypte, en Arabie Saoudite, au Yémen, en Libye, en Tunisie et dans d’autres contextes, elle cite les pratiques par lesquelles la sexualité et la mobilité des femmes sont contrôlées : harcèlement, tests de virginité, mariage d’enfants, avortement criminalisé, tutelle et droit de la famille punitif. Elle affirme que la révolution politique reste incomplète lorsque l’autorité au sein du foyer et sur le corps est traitée comme privée ou culturellement intouchable.

Le titre du livre associe deux symboles souvent utilisés pour réduire les femmes arabes et musulmanes au spectacle. Eltahawy tente de détourner l’attention des symboles eux-mêmes vers les systèmes qui rendent exécutoires la réputation sexuelle, la tenue vestimentaire et l’honneur familial. Elle défend également la colère féministe comme un savoir politique. Une réforme polie peut protéger les institutions de l’ampleur des dommages qu’elles produisent, tandis que la colère rend visible ce qui est normalisé.

Sa langue régionale très répandue constitue également sa principale vulnérabilité. Différents systèmes juridiques, histoires coloniales, classes sociales, religions et mouvements politiques ne peuvent pas être compressés sans perte dans une seule culture patriarcale. Les critiques ont fait valoir que le livre reproduit parfois l’exceptionnalisme auquel il s’oppose, donnant ainsi l’impression que les sociétés arabes sont particulièrement misogynes et ne laissant pas suffisamment d’espace aux organisateurs dont les stratégies sont moins conflictuelles.

Cette tension doit être lue plutôt que apaisée. Eltahawy écrit comme une féministe égypto-américaine impliquée à la fois dans la politique régionale et dans une économie médiatique occidentale avide de réquisitoire civilisationnelle. La question n’est pas de savoir si elle a le droit d’être en colère, mais comment la colère peut rester responsable des différences entre les femmes et des usages géopolitiques de son langage.

Le livre a une valeur de provocation et non de carte exhaustive. Il insiste sur le fait que la sexualité est au centre de la démocratie et que la violence dans les familles, les rues, les cliniques et les commissariats de police est politique. À lire parallèlement à l’ethnographie et aux histoires de mouvements, cela peut générer une conversation plus difficile sur ce qu’exige la révolution sexuelle – et sur qui peut la définir.

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