
Féminisme des femmes racisées · Livres
Making Face, Making Soul/Haciendo Caras
Une anthologie dirigée par Anzaldúa qui rassemble des perspectives créatives et critiques de femmes racisées sur les frontières, l'identité et les coalitions.
Critique et guide de lecture
Edité par Gloria Anzaldúa, Making Face, Making Soul/Haciendo Caras rassemble plus de soixante-dix œuvres de femmes de couleur à travers la poésie, le témoignage, l’art visuel, la théorie, le conte populaire et le manifeste politique. Son titre qualifie la survie de pratique active : « faire face » signifie affronter les forces qui vous déforment ou vous effacent, tandis que « faire âme » signifie produire une vie intérieure et collective à partir de matériaux que la culture dominante a dévalorisés. La forme fait donc partie du débat. La connaissance n’appartient pas seulement à la prose académique ; il réside également dans l’image, le rythme, la mémoire, la colère, la spiritualité et la parole incarnée.
L’anthologie étend la politique de coalition associée à This Bridge Called My Back. Les contributeurs noirs, autochtones, américains d’origine asiatique, chicanas, latines, lesbiennes et autres n’apparaissent pas comme exemples dans une seule théorie. Leurs juxtapositions révèlent des désaccords sur la race, la sexualité, la classe sociale, la nation et la loyauté culturelle tout en refusant la femme blanche de la classe moyenne comme sujet par défaut du féminisme. La coalition naît d’une rencontre responsable entre des histoires non identiques, et non d’une vague affirmation selon laquelle toutes les femmes partagent la même oppression.
Publié en 1990, le livre porte les vocabulaires et les débats sur les mouvements de son époque ; ses catégories ne peuvent pas remplacer toutes les politiques contemporaines trans, de handicap, de migration ou d’identité mixte. La collection est également délibérément vaste plutôt que théoriquement transparente. Cette hétérogénéité constitue sa valeur permanente pour FemRes : elle apprend aux lecteurs à considérer l’édition comme une création politique du monde, à remarquer quelles formes comptent comme connaissance et à comprendre un canon féministe non pas comme une liste finie de grands individus mais comme une conversation contestée soutenue par de nombreuses voix.
Réponses des lecteurs
Notes de lecture
Partagez votre lecture ou ajoutez une piste à poursuivre.
Rejoindre la discussion
Chargement des commentaires...
Soutenir
Si ce contenu vous a été utile



