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Tourner le pot, labourer la terre

Caste et genre · Livres

Tourner le pot, labourer la terre

Titre originalTurning the Pot, Tilling the Land: Dignity of Labour in Our Times

AuteurKancha Ilaiah Shepherd and Durgabai Vyam

Kancha Ilaiah Shepherd et Durgabai Vyam revalorisent le travail, la technique et le savoir dépréciés par la caste, dans une forme accessible aux jeunes lecteurs.

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Critique et guide de lecture

Turning the Pot, Tilling the Land pose un ensemble de questions apparemment simples : qui a développé les techniques grâce auxquelles les gens cultivent la nourriture, façonnent l’argile, tannent le cuir, lavent les vêtements, s’occupent des animaux et transforment le coton en tissu, et pourquoi leurs noms sont-ils absents des récits sur le savoir indien ? Le texte de Kancha Ilaiah Shepherd et les illustrations de Durgabai Vyam mettent en avant les communautés Adivasi, Dalit, Bahujan et de castes professionnelles, dont les sciences pratiques soutiennent la vie quotidienne, alors que la hiérarchie brahmanique considère leur travail comme inférieur ou polluant. Écrit pour les jeunes lecteurs sans simplifier sa revendication politique, le livre traite les outils, les compétences et la mémoire incarnée comme des réalisations intellectuelles.

Sa pertinence féministe apparaît le plus clairement lorsque la dignité du travail est liée à la division genrée du travail. La cuisine, le ménage, la culture, l’artisanat, le soin des animaux et la transmission des techniques sont souvent réalisés par des femmes ou organisés au sein des foyers, et pourtant les connaissances qu’ils contiennent disparaissent derrière des idéaux de pureté, de respectabilité et d’auteur masculin. La narration visuelle de Vyam n’est pas une preuve décorative ajoutée à un argument conventionnel ; elle fait de la pratique artistique d’une femme autochtone une partie du récit du livre sur la manière dont le savoir est conservé et partagé. Le résultat remet en question les programmes qui célèbrent l’invention abstraite tout en ignorant les communautés — et en particulier les femmes — dont le travail rend possible la reproduction sociale.

La forme concise et affirmative du livre laisse nécessairement certaines tensions sous-développées. Célébrer le savoir communautaire peut masquer les inégalités au sein des communautés marginalisées, y compris le patriarcat, la propriété inégale et les charges assignées aux femmes et aux enfants. Dignifier le travail stigmatisé ne doit pas devenir une excuse pour maintenir certaines castes liées à des métiers héréditaires ou à des conditions dangereuses. Lu avec cette prudence, le livre constitue une puissante intervention éducative. Pour FemRes, il relie la pensée anti-caste, la pédagogie féministe et l’histoire du travail tout en invitant les lecteurs à se demander non seulement qui accomplit le travail nécessaire, mais aussi qui reçoit sécurité, loisir, reconnaissance et liberté de choisir une autre vie.

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