Violence contre les femmes · Recherche
Contributions féministes à l’étude des violences de genre
Contribuições feministas para o estudo da violência de gênero
Saffioti distingue violences de genre, domestiques et intrafamiliales, et montre comment l’autorité patriarcale peut s’exercer par délégation.
Notes de recherche
Le patriarcat existe-t-il uniquement lorsqu’un homme commet personnellement une violence ? Dans cet article de 2001, Heleieth Saffioti étudie un ordre qui peut être délégué, entretenu par autrui et appliqué en l’absence de son détenteur principal. Elle refuse aussi bien de présenter les victimes comme totalement incapables d’agir que de nier les violences structurelles sous prétexte que les femmes y résistent.
Une violence peut être déléguée
Saffioti mobilise Épouses et Concubines pour analyser l’autorité patriarcale. L’ordre qui discipline les épouses fonctionne par les autres membres de la maison et les domestiques, pas seulement par les actes du maître. Des femmes peuvent participer à son application sans que les hommes et les femmes, comme groupes sociaux, occupent des positions de domination symétriques. Qui exécute un acte précis et qui bénéficie d’un arrangement durable sont deux questions à poser ensemble.
L’article portugais emploie domination–exploitation pour refuser la séparation entre contrôle politique et rapports économiques. Les ordres domestiques, l’utilisation du travail et des corps, l’autorité quotidienne qui semble naturelle ne sont pas des domaines indépendants. Expliquer la violence exige donc de dépasser le mauvais caractère de l’agresseur : quels rapports permettent de punir, de prélever ou d’empêcher le départ ?
Des noms différents dessinent des frontières différentes
Violence de genre, violence contre les femmes, violence domestique et violence intrafamiliale ne sont pas interchangeables. La première est un concept relationnel plus large. L’intrafamilial renvoie aux liens de parenté, tandis que le domestique peut aussi concerner d’autres personnes partageant cet espace. Les limites du lieu, de la relation et du groupe visé ne coïncident pas. Les distinguer évite de faire disparaître certaines violences par le classement.
Cette distinction a des conséquences politiques. Quitter un toit commun ne met pas nécessairement fin aux violences, et le privé n’est pas une frontière évidente au-delà de laquelle l’État n’aurait plus de responsabilité. Les exemples juridiques de l’article appartiennent toutefois au Brésil de 2001, non au droit actuellement en vigueur. Son apport durable consiste plutôt à demander qui les catégories excluent et comment l’expression affaire de famille peut protéger un pouvoir de toute mise en cause.
Subir et agir peuvent coexister
Saffioti critique les explications qui fixent les femmes dans l’impuissance, tout en soulignant que sortir d’une relation violente demande souvent un soutien extérieur. La résistance peut exister sans faire cesser la violence. Rester ne peut être assimilé simplement au consentement à la maltraitance. Maintenir ensemble la victimisation structurelle et la capacité d’agir empêche la question de savoir pourquoi elle ne part pas d’effacer dépendance économique, risques et conditions d’accès à l’aide.
L’article polémique également avec une présentation du féminisme comme modèle explicatif unique. Prendre cette discussion interne au sérieux n’impose pas d’accepter tous ses jugements sur les autres courants. Placer l’ordre patriarcal au centre de l’explication exige encore d’étudier comment race, classe, âge et institutions modifient les formes de violence. Le patriarcat ne devrait pas devenir une réponse finale dispensant de toute démonstration.
Kim, sur le féminisme carcéral et la justice transformatrice, permet de prolonger la question vers les formes de l’intervention étatique : la punition produit-elle nécessairement la sécurité ? L’enquête japonaise sur les expériences de violence déplace ensuite l’attention vers les comportements retenus, les demandes d’aide et les dénominateurs. Comment une distinction théorique change-t-elle les préjudices qu’il devient possible d’enregistrer ?
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- Articles
Japon : enquête sur les violences entre femmes et hommes, 2023
内閣府男女共同参画局
L’enquête japonaise distingue violences physiques, psychologiques, économiques et sexuelles, et éclaire les demandes d’aide comme les limites des pourcentages.
Violence contre les femmes - Livres
Misogynie
Chizuko Ueno
« Misogynie » est une œuvre majeure de la sociologue et féministe japonaise Chizuko Ueno. Le livre analyse en profondeur le phénomène omniprésent de la misogynie dans la société japonaise, révélant comment elle existe sous diverses formes cachées au sein des familles, des lieux de travail, des relations amoureuses, et même dans la conscience des femmes elles-mêmes. C'est une lecture essentielle pour comprendre les mécanismes de la misogynie dans les sociétés patriarcales d'Asie de l'Est.
Critique du patriarcat · Théorie féministe
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