
Autonomie corporelle · Écran
Le Jour où je suis devenue femme
Titre originalRoozi ke zan shodam
Les trois récits de Meshkini font du genre un calendrier social qui distribue aux femmes mouvement, amitié, argent et possibilité d’une vie à soi.
- Réalisateur
- Marziyeh Meshkini
- Année
- 2000
- Région
- Iran
- Durée
- 78 min · La fiche originale du producteur et le DVD Arab Film Distribution indiquent 78 minutes.
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Que change exactement le corps d’une enfant à l’heure où les adultes déclarent qu’elle devient une femme ? Le Jour où je suis devenue femme, de Marziyeh Meshkini, transforme en 2000 cette transition apparemment évidente en problème social. Trois récits suivent Hava, Ahoo et Houra à des âges différents. Ils demandent comment la catégorie femme réorganise les déplacements, les relations et l’accès aux choses permettant une vie à soi.
Dans le premier récit, Hava apprend qu’à neuf ans elle ne peut plus jouer dehors avec les garçons. Le scénario anglais rend le seuil mesurable par les heures successives de la matinée. Elle négocie l’heure de sa naissance et suit le temps restant à l’ombre d’un bâton. L’enfance ne s’efface pas progressivement : une règle coupe une même journée entre l’avant et l’après de la permission.
La règle devient une horloge
Cette construction donne du suspense à une interdiction ordinaire. Le désir de jouer devient urgent parce qu’une classification adulte possède désormais une échéance. Être dite mûre et acquérir de l’autorité diffèrent : la liberté rétrécit à l’instant où l’on déclare l’enfant plus grande. C’est une transformation sociale de ses relations, pas la preuve qu’un anniversaire a produit un désir nouveau et achevé.
La grand-mère complique l’idée selon laquelle seuls les hommes feraient respecter le genre. Affection et restriction coexistent ; nourrir une enfant n’empêche pas de surveiller ses déplacements. Dans son entretien de l’époque, Meshkini évoque la participation des femmes au maintien de la domination masculine. Cela ne les place pas toutes dans la même position ni devant la même responsabilité : comment une règle héritée se transmet-elle dans une relation de soin ?
Le récit d’Ahoo change le moyen de déplacement. Pendant une course cycliste féminine, son mari la suit à cheval et menace de divorcer si elle ne descend pas. Le synopsis du producteur oppose une activité physique publique à l’autorité conjugale. Avancer demande un effort continu, tandis que la menace fait de l’arrêt la condition du maintien comme épouse. La mobilité devient un rapport qu’autrui prétend pouvoir autoriser.
Acheter des objets n’est pas posséder un avenir
Houra, âgée, a hérité après des années de pauvreté et cherche les objets longtemps désirés. Sa situation diffère de l’heure restante de l’enfant et du trajet disputé de la cycliste. Les ressources arrivent enfin, sans rendre simplement les années où les désirs ont été reportés. L’argent ouvre des possibilités sans effacer l’histoire de la privation.
L’entretien complique également une opposition simple entre vieux et jeunes. La grand-mère du début et Houra viennent de milieux différents. Meshkini décrit aussi le refus d’Houra d’une théière transparente parce qu’on en voit le contenu. Les objets modernes et les jugements restrictifs sur l’exposition peuvent coexister. Les posséder ne défait pas automatiquement les conventions apprises du corps et de la bienséance.
Le triptyque compare des conditions sans faire d’une vie le calendrier universel des femmes. Ses âges interrogent les configurations de l’autorité plutôt qu’une loi du développement. Meshkini distingue elle-même milieux traditionnels et urbains à propos du premier récit. Les affirmations de cet entretien de 2000 restent historiquement situées ; elles ne doivent devenir ni des descriptions du droit actuel pour toutes les filles iraniennes, ni une image uniforme de l’Iran.
Les fiches de production et de distribution retenues donnent 78 minutes. The Great Indian Kitchen permet de comparer règles quotidiennes, autorité domestique et travail du refus. Living a Feminist Life aide à nommer comment une gêne ordinaire révèle un agencement plus large. Ces rapprochements ne rendent pas l’Iran et l’Inde interchangeables et ne présument pas le même refus possible à chaque âge.
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