Économie du soin · Projection
Qui prend soin ? Le poids genré du care non rémunéré
À partir de la Malaisie et de la région, Aina Salleh montre comment le care non rémunéré limite le temps, le revenu et la participation publique des femmes, et plaide pour une responsabilité partagée.
Notes de projection
Aina Salleh part d’une question ordinaire : pourquoi la cuisine, le ménage, le soin des enfants et des personnes âgées, ou l’organisation de la vie familiale disparaissent-ils si facilement du débat économique et politique ? Ces tâches ne cessent pas de créer de la valeur parce qu’elles ne sont pas payées. L’économie rémunérée fonctionne précisément parce que, dans l’espace privé, quelqu’un absorbe le coût de la reproduction du travail et du maintien de la vie ; ce quelqu’un est le plus souvent une femme.
La conférence remplace l’idée culturelle selon laquelle les femmes seraient naturellement plus douées pour le care par une analyse institutionnelle. Les attentes familiales, l’absence de services de garde, les régimes de temps de travail et la protection sociale déterminent qui dispose de temps pour gagner un revenu, se reposer et participer à la vie publique. Lorsque le care est présenté comme l’expression naturelle de l’amour, le refus ou la demande de compensation peuvent être jugés égoïstes, et la dépendance économique des femmes requalifiée en choix personnel.
Cette courte intervention ne propose ni modèle budgétaire complet ni comparaison détaillée. Sa force tient à une chaîne causale claire : reconnaître le care non rémunéré n’est qu’un début. Il faut aussi réduire la pénibilité évitable, redistribuer la responsabilité par les services publics et faire assumer une part matérielle aux hommes, aux employeurs et aux États. Le care n’est pas un problème privé que les femmes devraient mieux gérer ; c’est une structure politique qui décide qui possède du temps et de la liberté.
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